Au Brésil, Volkswagen doit maintenant affronter son passé sur la dictature


Par Claire Gatinois

Au Brésil, Volkswagen, fabrique la populaire Fusca, nom local de la Coccinelle YASUYOSHI CHIBA / AFP

Au Brésil, Volkswagen, fabrique la populaire Fusca, nom local de la Coccinelle YASUYOSHI CHIBA / AFP

C’est ce qu’on appelle une mauvaise passe. Le constructeur automobile allemand Volkswagen, emporté par un scandale lié au trucage des données d’émissions polluantes de quelque onze millions de véhicules, fait actuellement l’objet au Brésil d’une enquête… pour responsabilité de « crime contre l’humanité ».

Mardi 22 septembre, divers syndicats ainsi que le Forum des travailleurs pour la vérité, la justice et la réparation ont réclamé l’ouverture d’une procédure d’enquête contre le groupe, accusé d’avoir collaboré aux persécutions et aux tortures lors de la dictature militaire (1964-1985).

Le Forum est une émanation d’un groupe de travail issu de la Commission nationale de la vérité (CNV), chargée depuis 2012 d’enquêter sur les violations des droits de l’homme pendant les années noires du pays.

Selon les documents collectés par le Forum, le groupe allemand, présent au Brésil depuis plus de soixante ans, aurait collaboré avec la police militaire, donnant sans gêne les noms de salariés potentiellement perturbateurs au service d’ordre de l’Etat. Charge ensuite aux policiers de les arrêter et de les torturer.

Lucio Antonio Bellantani, 71 ans, fut l’une des victimes de ce « nettoyage ». Son témoignage, rapporté par le site du magazine CartaCapital, est sans équivoque. En 1972, alors âgé de 28 ans, il fut livré aux policiers militaires par le propre service de sécurité de « Volks ».

Son crime? « Discuter politique avec d’autres collègues afin de les syndiquer et de lutter avec eux contre la dictature et pour la démocratie », raconte-t-il.

Devoir de mémoire

Cette audace lui a valu plus d’un mois de détention ponctué de séances de torture, l’obligeant à donner les noms de personnes liées au Parti communiste. Aujourd’hui, Lucio Antonio se bat pour que le pays accomplisse son devoir de mémoire, que l’on enseigne aux enfants cette période sombre du Brésil, afin que «jamais plus » l’histoire ne se répète, dit-il. Et de rêver à la construction d’un « mémorial», par le groupe.

Anúncios

Um comentário sobre “Au Brésil, Volkswagen doit maintenant affronter son passé sur la dictature

Deixe um comentário

Preencha os seus dados abaixo ou clique em um ícone para log in:

Logotipo do WordPress.com

Você está comentando utilizando sua conta WordPress.com. Sair / Alterar )

Imagem do Twitter

Você está comentando utilizando sua conta Twitter. Sair / Alterar )

Foto do Facebook

Você está comentando utilizando sua conta Facebook. Sair / Alterar )

Foto do Google+

Você está comentando utilizando sua conta Google+. Sair / Alterar )

Conectando a %s